Les communautés monastiques et religieuses

Moines Trappistes, Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, Grignan, Auvergne-Rhône-Alpes

« Les Congrégations monastiques » :

Les Bénédictins (ou Ordre des Bénédictins)

Moine suivant la Règle de vie communautaire écrite au VIème siècle par l’italien Benoît de Nursie (Saint Benoît), reconnu comme le fondateur du monachisme occidental. Depuis, de nombreuses congrégations (évidemment les Bénédictins, mais aussi les Cisterciens) observent la Règle de Saint Benoît.

Il existe de très nombreuses branches bénédictines, dont notamment les Camaldules, les Olivétains, les Silvestrins, ceux que l’on appelle les bénédictins de Subiaco, ceux du Mont Cassin. Ces deux dernières appellations faisant référence aux deux lieux où vécurent Saint Benoît.

Les Bénédictins et les Bénédictins répartissent leur temps entre la célébration de l’Office Divin (les temps de prière en communauté) et les activités pratiques (travail manuel, travail dans les champs). Ils se consacrent également à l’accueil des pèlerins et des gens de passage.

Les Chartreux

Moines choisissant de vivre une vie semi-érémitique, seul mais en union étroite avec le reste de la communauté, pour se consacrer à la méditation et à l’ascétisme dans un grand silence.

Saint Bruno fonde cet Ordre en 1084 et se réfugie à la Grande-Chartreuse, solitaire et sévère massif alpin proche de Grenoble. D’autres branches sont rattachées à l’Ordre de Saint Bruno, notamment les moniales de Bethléem.

Le Chartreux ou la chartreuse se consacre exclusivement à la prière méditative en solitude, dans un environnement de silence.

Les Cisterciens (ou Ordre de Cîteaux)

Les Cisterciens sont une branche réformée des bénédictins dont l’origine remonte à la fondation de l’abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098.

Elle doit son considérable développement à Bernard de Clairvaux (1090-1153), futur Saint Bernard, homme d’une personnalité et d’un charisme exceptionnels et véritable maître spirituel de l’ordre.

Deux sous-branches : l’ordre de la « Commune Observance » et celui dela stricte observance (à la règle de Saint Benoît). Ces derniers, issus de la réforme de la Trappe (1664), sont appelés les « Trappistes ».

Les Cisterciens et les Cisterciennes se distinguent par l’austérité, la prière, le silence et un dur travail.

Les Dominicains

Les dominicains sont des religieux qui suivent l’Ordre fondé par Saint Dominique en 1216. La Règle dominicaine est établie à Bologne (Italie) en 1220.

Les Dominicains s’illustreront dans l’érudition et la prédication, notamment dans les pays lointains. Ils accompagneront notamment les premiers conquistadors lors de la découverte de Nouveau Monde (Bartolomeo de las Casas).

L’extension de l’Ordre se fait dans les siècles suivants, et il connaît une grande vitalité au XVIIème siècle. Leur premier monastère se situe en France, à Prouilhe près de Toulouse. Aujourd’hui, dans 240 monastères, les dominicains et dominicaines se répartissent sur tous les continents.

Les Dominicains et les Dominicaines se consacrent à la prédication, à l’étude de la théologie et professent une totale fidélité à la tradition.

Les Franciscains

Les Franciscains sont des religieux qui appartiennent à l’Ordre né en Italie en 1210 sous l’impulsion de Saint François d’Assise. La coutume les nomment « Frères mineurs ».

Les membres désirent vivre une vie de grande pauvreté et de simplicité évangélique, à l’imitation du Christ. Les Franciscains ne sont pas des moines, mais des religieux issus d’un groupe appelé les Ordres Mendiants. L’accent est mis dans la Règle de Saint François sur la prière, la vie avec Dieu et même l’ermitage.

À travers les siècles et les pays, l’Ordre franciscain a vécu des valeurs particulières : pauvreté, simplicité, humilité, justice, paix et joie, émerveillement face à Dieu, aux personnes et à toute la création.

En 1212, Sainte Claire trouva sa vocation lorsqu’elle rejoignit François et fonda à son tour un Ordre monastique. Les Clarisses sont donc directement inspirées de Saint François d’Assise.

Les Franciscains et les Clarisses se distinguent par la pauvreté de vie, l’engagement dans des missions d’assistance aux pauvres et aux déshérités.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus

La naissance de l’Ordre de Saint-Augustin remonte à 1243 lorsque quatre ermites italiens, représentant des groupes d’anachorète (moines vivant en ermite), demandent audience au pape Innocent IV pour obtenir une règle commune et un prieur général dans le but d’unifier les communautés. La Règle de la congrégation sera celle écrite par saint Augustin d’Hippone.

Plus tard naîtront différentes congrégations d’inspiration augustinienne, dont celle des Religieuses Augustines Hospitalières.

La mission d’Église, confiée aux sœurs, demeure vivante et bien actuelle :elle se concrétise dans l’appel de l’église locale à être proche des personnes en recherche de sens à donner à leur vie et dans le service des personnes âgées.

La Communauté Saint-Jean

La Communauté Saint-Jean est une congrégation fondée par le père dominicain Marie-Dominique Philippe en 1975. En 1982, le premier prieuré est fondé à Rimont (Bourgogne). Puis le noviciat est ouvert en 1983 à Saint-Jodard (diocèse de Lyon). En 1992, la communauté installe un prieuré à Boulogne-sur-Seine, en prenant l’administration de la paroisse Sainte-Cécile, où ils sont présents avec huit membres de la communauté. La communauté connaît jusqu’en 1996 une phase d’expansion avec de nombreuses fondations en France. La Communauté ouvre aussi des implantations à l’étranger, notamment à Genève et en Afrique.

La Communauté Saint-Jean se compose de quatre branches dont les Frères (leur mission est variée, auprès des paroisses, des jeunes, des populations défavorisées, etc. Ils sont surnommés les « petits gris », en référence à leur habit gris. Celui-ci se compose d’une tunique grise et d’un scapulaire à capuchon avec, à la taille, un rosaire), les Sœurs apostoliques (évangélisation par l’accueil et aide spirituelle sous toutes ses formes dans les diocèses : centres de retraites et accueil d’hôtes, aumôneries d’écoles, établissements scolaires, aumônerie d’hôpitaux et de prisons, catéchèse, participation à l’animation de paroisses. Elles portent un habit et voile gris). Les Sœurs contemplatives de Saint-Jean : (prière communautaire et prière solitaire rythment leur journée. Les sœurs vivent leur consécration totale à Dieu dans le silence et la solitude. Elles portent un habit gris avec un voile blanc) et les oblats.

En 2014, la communauté comptait au total un peu plus de huit-cent vingt frères, sœurs contemplatives, et sœurs apostoliques et plus de trois mille oblats.

La Communauté Saint-Martin

La Communauté Saint-Martin, association de droit pontifical rassemblant des prêtres et des diacres séculiers, fut fondée par l’abbé Jean-François Guérin en 1976. Elle met ses membres au service des évêques désireux de leur confier des missions apostoliques variées : paroisses, aumôneries de collège et d’internat, sanctuaires, maisons de retraite, etc. Envoyés au moins par trois, les prêtres et diacres prient, vivent et travaillent ensemble, dans une fraternité spirituelle et pratique. Ses prêtres et diacres servent en France et à l’étranger. Vie commune et mobilité sont les deux principales caractéristiques de la vie martinienne.

La Communauté Saint-Martin compte aujourd’hui quatre-vingt quatorze prêtres et diacres, et plus de cent séminaristes (2016).

Présente à Montligeon depuis le milieu des années 1990, la Communauté est en charge de l’animation pastorale du sanctuaire depuis 2001. Aujourd’hui, cinq prêtres de la communauté sont au service de Montligeon.

Les Fraternités monastiques de Jérusalem

Les Fraternités monastiques de Jérusalem sont fondées en 1975 par le père Pierre-Marie Delfieux. Elles rassemblent des moines et moniales vivant en deux fraternités séparées et donc la charisme est d’être « un oasis de prière au cœur des grandes villes ».

Les Fraternités de Jérusalem sont nées dans le mouvement de renouveau qui a suivi le concile Vatican II, à l’initiative du cardinal Marty, alors archevêque de Paris, et du père Pierre-Marie Delfieux, alors aumônier d’étudiants à la Sorbonne.

Le père Pierre-Marie Delfieux est l’auteur du Livre de Vie de Jérusalem, qui en est la règle monastique et qui se veut aussi un « tracé spirituel » adressé à tous ceux qui sont sensibles à la dimension urbaine et universelle de la vocation chrétienne.

Les Fraternités sont aujourd’hui composées de trois branches et les moines et moniales sont au nombre de deux-cents.

Les Chanoinesses de la Mère de Dieu

Branche féminine des Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu, qui résident aujorud’hui à l’abbaye de Lagrasse, les Chanoinesses de la Mère de Dieu forment une communauté de religieuses catholiques de droit pontifical et de rite romain (forme extraordinaire), fondée en 2000.

Les soeurs suivent la Règle de saint Augustin. A sa suite, elles veulent reproduire la vie des premiers chrétiens dans la première communauté de Jérusalem qui « avaient un seul cœur, une seule âme » (Act  4, 32) et étaient «fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières » (Act 2, 42).

En 2008, les religieuses ont établi leur monastère Mater Dei à Azille, à trente kilomètres au nord de Lagrasse. En 2015, leur monastère accueillait près de vingt religieuses.

L’Ordre du Carmel

L’Ordre du Carmel est un ordre contemplatif. Ses membres sont appelés Carmes (pour les hommes) et Carmélites (pour les femmes). Leur père spirituel est le prophète Élie. Les Carmes sont nés au XIIIème siècle sur la montagne du Carmel, en Terre Sainte. Méditer la Parole de Dieu, veiller dans la prière en vue de vivre dans la dépendance de Jésus-Christ et de le servir d’un coeur pur, tel est leur propos de vie exprimé par la Règle du Carmel.

Les premiers Carmes quittent leurs ermitages pour se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l’ordre érémitique se transforme en ordre monastique. Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d’Avila au XVIème siècle : un style nouveau marqué par de petites communautés fraternelles, contemplatives et missionnaires. Jean de la Croix la seconde.

L’Ordre du Carmel est porteur d’une tradition spirituelle riche, qui a une grande importance pour l’Église catholique tout entière, notamment grâce à plusieurs docteurs de l’Église issus de l’Ordre : Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux. Ils sont spécialement connus pour leur enseignement sur l’oraison, centre de la vie spirituelle du Carmel.

Les frères carmes d’Avon font partie de la Province de Paris des Carmes Déchaux (couvents d’Avon, Bagdad, Lisieux et Paris).

« Les communautés religieuses » :

Les Oblates de l’Assomption

Les Oblates de l’Assomption sont des religieuses missionnaires. Leur congrégation fut créée en 1865 par le père Emmanuel d’Alzon et Marie Correnson, en religion Mère Emmanuel-Marie de la Compassion, jeune fille de la bourgeoisie nîmoise. Elle fut choisie par le père d’Alzon et établie comme supérieure générale.

Tout comme les Augustins de l’Assomption, les sœurs oblates se voient confier des missions apostoliques ambitieuses : éducation, presse, pèlerinages et présence au bout du monde (Australie, mission d’Orient). La règle de la congrégation reprend celle de saint Augustin d’Hippone qu’elle complète par ses propres constitutions.

La spiritualité des Assomptionnistes est centrée autour du Royaume de Dieu, elle se traduit par la devise que lui a donné le père d’Alzon, « Adveniat Regnum Tuum » (« Que ton Règne vienne »). Le père d’Alzon disait qu’un bon Assomptionniste devait être « hardi, généreux, désintéressé ».

La Communauté de l’Emmanuel

La Communauté de l’Emmanuel est une association publique internationale de fidèles de droit pontifical, fondée en 1976. La spiritualité proposée aux membres repose notamment sur l’adoration eucharistique, la compassion et l’évangélisation.

À l’origine, en 1972, Pierre Goursat et Martine Laffitte-Catta lancent et organisent, à Paris, un groupe de prière s’inspirant de l’expérience du renouveau charismatique catholique observé aux États-Unis.

Finalement, la Communauté de l’Emmanuel fut fondée à partir de ce groupe de prière. Celle-ci fut initialement reconnue localement par les évêques des diocèses qui l’accueillaient. En 1986, des évêques français ont demandé que l’Emmanuel puisse se mettre au service des paroisses.

La communauté compte aujourd’hui huit mille membres dans cinquante-neuf pays, dont la moitié en France. Les membres sont de divers « états de vie » (célibataires, couples, prêtres, laïques et laïcs consacrés dans le célibat).

La Communauté de la Nouvelle Alliance

La Communauté de la Nouvelle Alliance, association publique de fidèles, est fondée en 1994 par Mère Marie-Aimée. Les soeurs s’installent dans le village de La Chapelle-Montligeon et développent une vie contemplative et missionnaire centrée sur l’Eucharistie. En l’an 2000, à la suite des Bénédictines de Montmartre, elles animent la vie spirituelle du sanctuaire de Montligeon.

Les sœurs de la Nouvelle Alliance vivent, en solitude et en silence, selon la règle de saint Paul de la Croix, le fondateur des Passionistes. Vous les reconnaîtrez aux couleurs de leur habit, crème et bordeaux, couleurs du pain et du vin.

Elles consacrent du temps au travail artisanal (reliure, couture, potager, tâches culinaires, confection de confitures, etc).

 

Les Filles du Saint-Esprit

La Congrégation des Filles du Saint-Esprit est née en 1706. A l’origine, deux femmes d’origine modeste, Marie Balavenne et Renée Burel, s’engagent à vivre ensemble pour servir Dieu en servant les pauvres, les malades et les enfants.

Encouragées et soutenues par le père Jean Leuduger, elles commencent à établir des maisons de charité dans les paroisses de campagne.

1789, la Révolution française : les congrégations religieuses sont supprimées et les soixante-quinze Filles du Saint-Esprit doivent alors se disperser. Elles garderont au cœur la fidélité au charisme : « Aimer et servir Jésus-Christ dans la personne des pauvres ». Dans la société du XIXème siècle, les Filles du Saint-Esprit se mettent au service des pauvres de toutes les manières possibles, notamment au moment des épidémies : choléra, dysenteries, typhus…

La Congrégation se développe à l’étranger à partir du début du XXème siècle. Aujourd’hui encore, les sœurs cherchent à répondre aux besoins du temps. Elles vivent simplement parmi le peuple et participent aux prières de la paroisse.

Les Soeurs de Saint-Joseph de Cracovie

La Congrégation est fondée par le prêtre Zygmunt Gorazdowski avec pour mission de prendre en charge une maison destinée aux sans-abris qu’il a ouverte à Lwow, en Pologne, L’abbé Gorazdowski fait appel à des laïques qui ont fait le choix d’entrer dans le Tiers-Ordre franciscain. Elles décident de prendre l’habit religieux en 1884. Les sœurs s’occupent d’autres travaux commencés par Gorazdowski : une soupe populaire, un abri pour les malades, un centre pour enfants abandonnés et mères sans-abri. La congrégation continue de croître après la mort du fondateur et connaît un grand développement dans la période de l’entre-deux-guerres.

Les religieuses, appelées « Joséphites », s’occupent des personnes âgées, des handicapés et des malades, des orphelins, de l’éducation des jeunes, des paroisses et travaillent dans les missions.

Elles sont présentes en Europe, en Afrique et en Amérique. Aujourd’hui, la congrégation compte environ cinq cents religieuses dans plus de soixante-dix maisons.

Les Trinitaires

La Congrégation des Trinitaires a été fondé à Cerfroid en 1193 par Saint Jean de Matha et par Saint Félix de Valois avec la mission de racheter les captifs. Au XIIe siècle et durant tout le Moyen-Âge, il s’agissait des chrétiens prisonniers des musulmans au cours des Croisades ou des razzias dans le Sud de la France.

C’est en ce lieu, selon la tradition, que Jean de Matha et Félix de Valois, ermites vivant dans les environs, auraient vu un cerf blanc portant une croix rouge et bleue entre ses bois. Cette croix est devenue le symbole des Trinitaires.

Aujourd’hui, les trinitaires se consacrent principalement à la pastorale paroissiale, aux prisons, à l’assistance des chrétiens persécutés à cause de leur foi, aux malades dans les hôpitaux, et collaborent avec les organismes internationaux et les ordres missionnaires.

Les religieux sont au nombre de six cents, disséminés dans le monde entier et l’Ordre compte également plusieurs centaines de religieuses qui sont enseignantes, hospitalière ou contemplatives et aussi trois mille laïcs.

Parmi les autres communautés monastiques et religieuses importantes, on peut citer aussi les Jésuites, les Carmes, les Visitandines et les Prémontrés.