Histoire des monastères

Eglise Saint-Pierre de Vaux-sous-Coulombs, Hauts de France

Un moine, c’est quoi ?

Le moine (du grec monos – seul) est, par définition, celui qui vit seul, à l’écart et dans l’ascèse.

Isolés du monde, seuls ou en petits groupes, le moine passe son existence dans la contemplation recherchant, à travers la prière, la méditation, le silence, la mortification, la vie ascétique et le jeûne, l’union à Dieu selon la spiritualité de l’Ordre auquel il appartient.

Le moine est un religieux qui a prononcé les trois voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance à la Règle.

De tout temps et en tout lieu, ce choix de vie radicale, avec un désir de recherche d’absolu et de connaissance qui réside au plus profond de l’esprit humain, a existé et continue d’exister. Ainsi se rejoignent, malgré tant de contrastes, les moines de l’Egypte ancienne, de l’Inde, de la Chine, du Japon, et ceux de l’Europe. Par-dessus tout ils signalent aujourd’hui encore la vivante présence d’une quête spirituelle.

À la base du monachisme chrétien, il y a cette Parole du Christ qui est aussi une exhortation pour ceux qui veulent bien le suivre :

« Va, vends ce que tu possèdes, et donne-le aux pauvres. »
Évangile de Saint Matthieu 19, 21

Les débuts du monachisme chrétien

Dès le début du christianisme, la spiritualité des moines ermites (ou anachorète) avec Saint Antoine et cénobites (vivant en communauté) a essaimé dans l’Est méditerranéen. Dans le désert égyptien, saint Pacôme fournit au IVème siècle le premier modèle d’organisation monastique.

L’esprit monastique a fortement imprégné l’ensemble du monde chrétien. Foyers spirituels, intellectuels et artistiques, les monastères ont même contribué à donner ses fondements à la civilisation européenne.

Le premier monastère d’Occident est créé en Gaule, à Ligugé, par saint Martin dès 361. Car ce sont les moines qui vont évangéliser l’Europe, où la règle monastique de Saint Benoît, généralisée à l’époque carolingienne, apportera de l’ordre et de la cohésion. Cette unité se retrouve dans le plan des bâtiments organisés autour du cloître.

Le Moyen-Âge

Les moines sont les grands bâtisseurs du Moyen-Âge. Ils développent et répandent l’architecture romane et gothique, s’adaptent aux goûts locaux.

Les franciscains et les dominicains sont également d’éminents vecteurs de la culture dès le XIIIème siècle ; ils ouvrent l’ère des premiers grands peintres italiens, puis inaugurent l’art de la Renaissance.

Un nouvel élan à la Contre-Réforme

La Contre-Réforme impulse un nouvel élan au monachisme européen. En effet, nombreux sont les ordres religieux et congrégations qui sont créés au XVIème siècle. Parmi elles, les Jésuites, les Maristes et les Assomptionnistes. De solennelles abbayes-palais sont construites, d’un type austère à l’Escurial de Madrid, ou baroque en Autriche et dans l’Allemagne méridionale.

Parallèlement à la fondation des grands ordres religieux masculins, les moniales ont marqué de leur personnalité et de leur force le développement de la vie monastique.

Sainte Scholastique, sœur de Saint Benoît, l’a accompagné tout au long de sa vie religieuse. Sainte Claire, sous la direction de Saint François d’Assise, a fondé en 1212 un nouvel ordre religieux, l’Ordre des Clarisses.

Au 15ème siècle apparaissent dans les Flandres les premiers couvents de religieuses du Carmel. Sainte Thérèse d’Avila marquera cet Ordre de son rayonnement spirituel qui perdure aujourd’hui.

Les moines aujourd’hui

Aujourd’hui, les moines et moniales, partout dans le monde, sont restés les fidèles gardiens des vertus essentielles. Dans ces lieux de prière, où règne le silence, ils ont gardé la ferveur de leur vocation et ont su entretenir et préserver, malgré les vicissitudes de l’Histoire, de magnifiques monastères, abbayes, prieurés, couvents et autres maisons religieuses. En effet, à diverses reprises au cours de l’Histoire, et surtout en Europe, de nombreux Ordres religieux ont été frappé de mesures extrêmes par le gouvernement en place : réquisitions, expulsions, confiscation de biens monastiques, et même destruction des bâtiments et persécutions des religieux.

La clôture n’a pas été totalement abandonnée, mais en même temps qu’évoluaient les coutumes, les costumes, les règles monastiques, ils ont su s’ouvrir au monde moderne en préservant les valeurs traditionnelles.

Ils mènent une vie rythmée par la prière des offices dans l’église abbatiale ou la chapelle, le travail manuel, les repas pris en communauté et généralement en silence et la lecture spirituelle (« lectio divina »).

Il faut cependant distinguer les moines qui vivent une stricte séparation du monde (bénédictins, cisterciens, carmélites…), des religieux apostoliques plus insérés dans le monde (dominicains, franciscains, jésuites…).

Le fameux « Ora et Labora », en français : « prie et travaille », est une expression latine qui résume la vocation et la vie monastique bénédictine de louange divine alliée au travail manuel quotidien. Bien que l’expression ne se trouve pas textuellement dans la Règle de Saint Benoît, elle l’illustre clairement. Beaucoup d’Ordres monastiques, depuis quinze siècles et encore aujourd’hui, s’en inspirent.

Sources :
« Les Merveilles du monde en 1001 photos », les Editions Solar
« Guide des monastères d’Europe », Les Editions Pierre Horay/Albin Michel